Claire Bornais : CFDT, UNSA, le syndicalisme « intégré »

mercredi 22 janvier 2020  |  par  ÉÉ FSU  | 

Chères et chers camarades La ligne actuelle de la CFDT et de l’UNSA montre bien que ces organisations ont finalement intégré complètement la domination du modèle capitaliste et des néolibéraux sur le monde entier, et ne cherchent pas à la contester en quoi que ce soit. J’en veux pour preuve récente encore les propos de Frédéric Sève, le Monsieur retraites de la CFDT, dans un entretien à Médiapart le 17 janvier.

Une ligne qui postule donc qu’on n’arrivera pas à bloquer les régressions sociales majeures initiées par les dirigeants néo-libéraux, et qu’il vaut mieux concentrer les efforts du syndicalisme sur la négociation de moindres reculs, à l’aide de mobilisations de façade, sans recours à la grève la plupart du temps. Une ligne qui, bien que se dénommant « réformiste », ne prétend plus, sous prétexte d’avoir le sens des responsabilités, réformer quoi que ce soit dans un sens progressiste, mais se résume de fait à l’accompagnement syndical des régressions.

Mais est-ce vraiment cela, la responsabilité syndicale ? Ou bien est-elle d’oser prendre le risque de perdre en appelant à des mobilisations sur un mot d’ordre aussi radical que le retrait total d’un projet néfaste ?

L’argument souvent servi pour justifier le positionnement cédétiste est de montrer aux salarié-es l’utilité des syndicats malgré tout, et de leur donner ainsi confiance pour l’avenir, de façon à pouvoir un jour, plus tard, peut-être..., les mobiliser fortement pour obtenir des avancées, plutôt que de risquer une défaite, et donc leur découragement. Mais est-ce ainsi qu’on fait progresser la prise de conscience par les salarié-es des injustices et mécanismes de domination sociale à l’oeuvre ? Or sans prise de conscience, pas de mobilisation future possible.

Comme le montre la sociologue états-unienne Jane Mac Alevey, dans son ouvrage « No shortcuts », cette ligne de la CFDT et de l’UNSA est celle qui a été suivie aux États-Unis par la plupart des organisations syndicales depuis la fin des années 60. L’auteure fait le lien entre ce renoncement aux luttes syndicales et l’affaiblissement des forces politiques progressistes aux USA. Elle met en évidence, sur des exemples victorieux, le fait que la lutte est un moment irremplaçable de « conscientisation » et qu’elle aide les organisations qui osent la mener à se structurer et se développer.

Il n’est bien sûr pas exclu a priori pour la FSU de rechercher l’unité syndicale la plus large et de mener sur des sujets particuliers des actions y compris avec la CFDT et l’UNSA, ou avec certaines de leurs structures qui sauraient se montrer combatives, comme cela se voit actuellement à la SNCF et à la RATP, par exemple. Mais 1°) cela ne doit pas se faire au détriment de la clarté des revendications ; 2°) la divergence des lignes syndicales de fond exclut toute perspective d’unification structurelle avec ces organisations. Aussi, pour la FSU, est-il prioritaire de travailler avec les organisations qui partagent l’objectif de transformation sociale progressiste, conformément à notre mandat réaffirmé dans le thème 4 à Clermont-Ferrand. A savoir CGT et Solidaires, afin de renforcer ainsi le potentiel de mobilisation dans son champ et donc de création de rapport de force, et dans la perspective du nouvel outil syndical que nous prônons.


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