Sophie Abraham : Violences faites aux femmes, un enjeu syndical

mercredi 20 novembre 2019  |  par  ÉÉ-SNUipp  | 

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c’est le nombre insupportable de féminicides commis depuis le 1er janvier. Selon l’enquête menée par l’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales, qui a vocation à disparaitre, environ 219 000 femmes par an sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint. Les violences faites aux femmes c’est une des nombreuses facettes de la violence qui traverse la société : violence sociale avec des inégalités qui se creusent un peu plus chaque jour, violence raciste, comme celle exercée à l’égard des femmes voilées qui montrent que l’intersectionnalité des discriminations n’est pas un mythe, violence faite aux migrant-es, violence LGBTI …

Pour ne pas s’habituer à ce décompte morbide et combattre toutes les oppressions faites aux femmes, rendre visible ces violences est indispensable. Les mouvements balance ton porc et metoo ont agi comme des révélateurs, ouvrant la voie à d’autres actions menées par les féministes (opération de collages dans Paris, initiative des Femen au cimetière Montparnasse, die-in à l’appel de « Nous Toutes » ...)

Il y a aussi ces violences moins visibles et qui concernent plus globalement les femmes : les discriminations à l’emploi, les inégalités salariales. Depuis le 6 novembre 16h47 et ce jusqu’au 31 décembre, en France, les femmes travailleront gratuitement. Selon Eurostat, le salaire horaire brut moyen des femmes est de 15,4 % inférieur à celui des hommes. Et l’écart avec celui observé en 2010 est seulement de 0.2 points ce qui démontre que la situation stagne et qu’à ce rythme-là, il faudra 202 ans pour atteindre l’égalité salariale.

Il y a la violence exercée à l’égard des filles en milieu scolaire, comme celle subie récemment par une jeune collégienne rouée de coups par trois agresseurs dans son établissement isarien avant les vacances scolaires, ou celle dénoncées récemment au collège Lamartine de Toulouse, dont la hiérarchie avait connaissance sans intervenir.

Face à ces violences multiples, que répond ce gouvernement ? Un Grenelle des violences faites aux femmes, qui s’apparente plus à une opération de communication qu’à une réelle volonté politique d’apporter des réponses urgentes. Alors que celle à la hauteur des enjeux serait une véritable loi-cadre et 1 milliard d’euros pour la mettre en œuvre, il risque d’accoucher de solutions déjà avancées depuis longtemps par les associations féministes sans que les moyens soient mis pour les concrétiser. A ce stade, rien n’est prévu concernant la prévention des violences et l’éducation à l’égalité filles-garçons alors que ce sont des leviers importants.

Pour obtenir des avancées concrètes et en finir avec des discussions qui tournent en rond, c’est dans la rue que ça se passe ! La 1ère étape sera la marche contre les violences faites aux femmes le 23 novembre avec l’objectif 100 000 manifestant-es à Paris. Il est de notre responsabilité syndicale de faire en sorte que cette première étape soit une réussite mais aussi d’envisager les suites de cette mobilisation notamment par la construction d’une grève féministe.

Même si le contexte a changé depuis les années 70, le SNUipp avec la FSU doivent prendre appui sur ce qui a fait avancer concrètement les droits des femmes : les grèves féministes. L’an dernier, les femmes espagnoles, suisses … nous ont emboité le pas. Alors pour le 8 mars prochain, le SNUipp avec la FSU doivent s’atteler à construire de manière unitaire la grève totale des femmes : grève du travail, du travail domestique, de la consommation pour rendre visibles les oppressions vécues par plus de la moitié de société.


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