Antoine Chauvel : dénoncer la violence d’état, un enjeu syndical

vendredi 13 septembre 2019  |  par  ÉÉ-SNUipp  | 

« Ce qui a été inacceptable avant tout (…) c’est la violence des manifestants » ; « N’oubliez pas que pendant tous ces mois nos forces de l’ordre ont fait un travail remarquable » ;« Il n’y a pas eu de violences irréparables, le pire a été évité ».

Emmanuel Macron le 26 août dernier au JT de France 2.

Doit on encore faire le listing des morts, des mutilé·es, des blessé·es auquel Steve s’est ajouté cet été pour montrer que la réaction du mouvement syndical n’est pas à la hauteur. Plus de doutes sur la nature de ces violences. Des violences commises sciemment parce qu’on ne peut pas inconsciemment viser les têtes avec des LBD, faire s’agenouiller des lycéen·nes pendant plusieurs heures, jeter des grenades à hauteur de visage...

Des violences couvertes et cautionnées par la hiérarchie immédiate jusqu’au sommet de l’État. Des violences pour lesquelles les auteurs·trices ne sont presque jamais condamné·es, ni même poursuivi·es.

Tout cela porte un nom, celui de la violence d’État. Une violence qui est là pour museler la contestation par la peur, pour maintenir l’ordre établi quand la population le rejette en majorité. A quoi servira encore le syndicalisme quand plus personne n’osera descendre défendre ses droits dans la rue ?

Le SNUipp et la FSU doivent se saisir de cette question avec urgence

Il faut dénoncer le main dans la main police/justice qui protège l’éxécutif. Le procureur de Nice a avoué avoir menti pour protéger l’éxécutif dans l’affaire Geniève Legay : Un magistrat, censé représenté l’État de droit peut publiquement dire qu’il ment sans que cela ne lui pose aucun problème. Ce matin, on apprend que l’enquête de police contredit, quelle surprise, celle de l’IGPN. Oui le téléphone de Steve bornait encore au moment des charges de police. L’IGPN a mené une enquête pas pour chercher la vérité mais pour dédouaner ses pairs.

Il faut que cesse I’impunité de la police qui fait n’importe quoi comme au 1er mai quand le cortège syndical parisien s’est fait chargé ; il faut que cesse l’impunité des donneur·euses d’ordre à tous les étages et il faut en tirer les conséquences en terme de revendications. Nous avons chanté ensemble « Blanquer démission » ces derniers mois. Pourquoi n’écrivons nous pas « Castaner démission » sur le communiqué FSU suite à la mort de Steve ?

Construire un arc unitaire

Riposter avec le mouvement syndical, les associations comme la LDH. Le faire en lien avec les mouvements issus des quartiers, qui vivent depuis des années ces violences que nous connaissons maintenant.

Les possibles sont nombreux : décliner nationalement ce qui se fait déjà localement avec des observatoires sur les violences policières, un évènement médiatique pour mettre en cause l’éxécutif à l’image du tribunal Russel/Sartre, une journée nationale de marche pour nos droits, contre la violence d’État… ce n’est pas le choix qui manque.

Pour tou·tes les blessé·es, les mutilé·es des derniers mois. Pour Zyneb Redouane, pour Steve. Parce qu’un jour proche, si on laisse faire, c’est dans cette salle qu’on s’apitoiera sur les blessures d’une ou d’un camarade. Il est temps de ne plus se satisfaire des seuls communiqués.

Il est temps de passer à l’action, de prendre nos responsabilités d’organisation de lutte et de transformation sociale et de leur dire que tant qu’il n’y aura pas de justice, nous ne les laisserons pas en paix.


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