Valérie Tavernier : Privatisation d’ADP, un symbole de la volonté de détruire les services publics

vendredi 13 septembre 2019  |  par  ÉÉ-SNUipp  | 

La Braderie

« Les bijoux de famille », « la poule aux œufs d’or », « une richesse du patrimoine »… Ces derniers temps, les superlatifs n’ont pas manqué pour décrire l’importance du groupe ADP dans le budget national.

Le projet de privatisation des aéroports de Paris est la plus importante privatisation jamais envisagée en France, la troisième dans l’histoire du monde. C’est une braderie opérée par le gouvernement sur un service public « rentable ».

La Fontaine écrivait ; « Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus / Qui du soir au matin sont pauvres devenus / Pour vouloir trop tôt être riches ? » Une stratégie économique erronée par le choix à court terme de gagner de l’argent ou une volonté dissimulée de vouloir appauvrir d’avantage les ressources collective de l’Etat ?

ADP est actuellement une véritable « machine à cash » qui rapporte près de 185 millions de recette publique chaque année, un nombre en constante augmentation : autant d’argent perdu pour les contribuables si le marché libéral fait main basse sur ces services. La perte de cette ressource budgétaire, payée par des taxes sur l’utilisation de l’avion, et donc par les plus aisé.es, entraînera forcément un transfert vers des impôts payés par les plus modestes et/ou par un énième renoncement de mesures ou services compensatoires, renforçant encore les inégalités.

Un cadeau aux spéculateurs

Economiquement, l’argument d’une vente qui rapporterait 15 milliards d’euros pour réduire une dette de 2300 milliards (surtout quand on sait que seuls 5 milliards seraient réinjectés) est complètement débile (ou fallacieux), cela représente 0,8% de la pseudo dette. Dans un contexte d’indispensable transition écologique, confier les aéroports à des intérêts pollueurs, ne visant que le profit et donc l’augmentation de trafic aérien est une ineptie. La décision de ce gouvernement n’a aucune raison économique ou pratique. A l’instar de la privatisation de la française de jeux, d’Engie, elle témoigne d’une volonté d’enrichir les entrepreneurs amis, mettant toujours plus en péril la répartition des richesses, en renforçant les inégalités territoriales et en spoliant la population de ses biens communs.

Une campagne unitaire comme objet syndical

C’est parce que cette privatisation est insensée qu’elle fait l’objet d’un appel à signatures visant à l’instauration du premier référendum d’initiative partagée. Il faut pour cela récolter 10% de signatures du corps électoral, soit plus de 4 millions et demi. Un défi de taille…

Une gageure que le SNUipp et la FSU doivent relayer en s’impliquant de manière volontariste.

Une occasion de faire campagne pour faire comprendre que ce ne sont pas des indicateurs qui comptabilisent, mesurent, et de fait hiérarchisent certaines missions sur d’autres, qui doivent être pris en compte pour assurer le fonctionnement des services publics.

Une occasion de faire comprendre que c’est ce qui ne se mesure pas avec ces indicateurs (le lien social, la qualité des services rendus, la présence et l’attractivité territoriale…) qui fait la qualité du service public.

Une occasion de mettre en œuvre un front politique large autour du dossier de l’ensemble des services publics.

Une occasion de travailler à des coordinations de luttes réunissant syndicats, associations, mouvements politiques, collectifs… Des convergences incontournables pour résister au démantèlement en cours des conquis sociaux et pour œuvrer à une transformation sociale urgente.


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