Enquêter au cœur du tumulte et de la barbarie

lundi 11 mars 2019  |  par  École Émancipée  | 

Hervé le Corre nous fait pénétrer Dans l’ombre du brasier, le brasier du Paris de mai (les 18 et 19 pour être exact) 1871. La Commune vit ses derniers instants. Les combattant-es veulent encore y croire pour construire une société fraternelle libre. En face, les Versaillais. Thiers est aux commandes d’une armée vaincue par les Prussiens mais qui se retourne contre les siens. Sainte-Alliance des possédant-es contre les rêves, les utopies d’une population qui se bat pour toute l’humanité. Pas de suspense. Les massacres seront à la hauteur des peurs de ces bourgeois-es étriqué-es. La barbarie régnera en maîtresse exigeante.

Dans ce contexte de guerre, l’auteur place une intrigue policière : une jeune fille a été enlevée quasiment en pleine rue. Caroline est son nom. Infirmière bénévole, elle nous a fait entrer dans l’hôpital de fortune dans lequel meurent tous ces soldats de circonstances, assassinés par des tirs de canons qui sonnent le glas de toutes les espérances.

Ces journées de mai sont les dernières de la « racaille » comme disaient ces bourgeois-es petit-es et grand-es, assoiffé-es d’ordre. Hervé Le Corre nous enferme dans l’ombre pour décrire la macro barbarie et la violence individuelle du mal.

L’enquête atténue les descriptions horribles des assassinats commis par les Versaillais et permet de suivre l’enchaînement des événements tout en déroulant un scénario plausible. Toutes les figures de la dépravation se sont donné rendez-vous : l’argent, le sexe – le viol de fillettes – le goût du sang mais aussi les révolutions techniques – la photographie notamment et... la volonté de se battre pour une société qui, enfin, sorte du capitalisme pour que les êtres humain-es vivent et non pas survivent. Un message qu’il ne faudrait pas oublier !

Nicolas Béniès

➢ Hervé Le Corre, Dans l’ombre du brasier, Rivages/Noir, 22,5 €


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