Voter FSU pour la renforcer, la construire, la transformer !

samedi 1er décembre 2018  |  par  École Émancipée  | 

Les élections professionnelles représentent un rendez-vous extrêmement important pour les organisations syndicales. Il ne faut pas minimiser les enjeux primordiaux de ce scrutin, pour l’avenir de notre fédération et, plus largement, pour le paysage syndical.

Les élections du 6 décembre vont établir la représentativité officielle des différentes organisations syndicales (OS), et attribuer, en conséquence, des moyens qui leur permettront de poursuivre leur action. Ce n’est pas rien… Assurer la participation aux élections est le plus sûr moyen de garantir de bons résultats à la fédération : la FSU possède une certaine notoriété parmi les agent-es de la Fonction publique, elle est dotée également de militant-es nombreux-ses sur le terrain, ce sont là des atouts pour que le vote FSU s’impose.

Ces élections ont lieu sur fond de destruction organisée de notre modèle social, de violentes attaques contre le salariat et la Fonction publique, de régressions en cascade pour imposer un modèle libéral anti social. Il est absolument essentiel de faire la démonstration de l’attachement des personnels à l’outil syndical dans un contexte de désenchantement généralisé. En ce sens, le taux de participation sera particulièrement observé. Comme le sera aussi le score des OS de transformation sociale, qui portent un projet solidaire alternatif, par rapport à celles qui se contentent d’accompagner le libéralisme, en indiquant vers où vont les souhaits des personnels : la contestation des projets gouvernementaux ou le compromis bienveillant…

La FSU a essuyé un sérieux revers lors du dernier scrutin en 2014. Elle a reculé dans l’Éducation, se fragilisant sur le terrain jusque-là le plus solide pour elle, et n’a pu récupérer la première place dans la Fonction publique d’État (FPE), tenue par FO. Par ailleurs, elle n’a pas réussi à être représentative dans la Territoriale (FPT). Ce bilan négatif a été source de doutes sur l’orientation syndicale, doutes qui ont ainsi « travaillé » toutes les composantes de la fédération et continuent depeser. Le dernier congrès a fixé des objectifs : progresser dans l’éducation, reconquérir la première place dans la FPE, gagner une représentativité dans la FPT. La réalisation de tels objectifs conditionne le devenir de la fédération, son périmètre mais aussi son orientation. Si la FSU sort affaiblie, une partie de sa majorité risque d’avoir, plus qu’aujourd’hui encore, la « tentation » du repli et de l’autonomie. L’élargissement vers la FPT, acté au congrès de Perpignan de 2004, peine à se concrétiser : quel sera l’avenir de sa branche territoriale si elle ne gagne pas le siège convoité pour sa représentativité ? Par ailleurs, au niveau interprofessionnel, la FSU se montre depuis un an extrêmement frileuse au point d’avoir perdu du terrain – et de la légitimité – dans l’intersyndicale dans laquelle elle avait du poids en 2010 et encore en 2016. Elle n’a pas non plus fait beaucoup de cas de certains syndicats nationaux (SN) hors éducation, qui ont le sentiment d’être la dernière roue du carrosse, voire de ne pas être dedans !

Un projet syndical à réaffirmer

Contribuer à l’assise de la représentativité de la fédération répond à la volonté de l’ÉÉ de militer, au sein d’un syndicalisme majoritaire et unitaire, pour y construire les mandats et peser sur l’orientation. Un affaiblissement de la fédération ne se traduirait pas par une montée en puissance du syndicalisme de lutte…

Une FSU affaiblie risquerait, encore plus qu’aujourd’hui, de se centrer sur des considérations strictement professionnelles et des revendications corporatistes. Ces préoccupations sont importantes mais le syndicalisme a aussi d’autres responsabilités, en particulier celle d’agir sur le monde et de transformer la société.

Pour l’ÉÉ, ce projet fondateur de la FSU est plus que jamais essentiel : les combats que nous menons au quotidien auprès des migrant-es, en faveur des populations les plus fragiles, pour les enjeux environnementaux, contre les discriminations, pour la justice sociale, sont des combats qui relèvent aussi de la responsabilité syndicale. Il nous faut avancer de concert, avec la CGT et Solidaires, et conforter ensemble le syndicalisme de transformation sociale.

Renforcer la FSU nous permettra de mieux « travailler » avec nos partenaires. La fédération a toute légitimité à être au sein de l’intersyndicale et à construire les mobilisations interprofessionnelles. Face à une politique libérale cohérente, qui s’attaque de façon identique aux droits des salarié-es du public et du privé, personne ne gagnera seul : même si la mobilisation se construit secteur par secteur, la victoire passe par la lutte collective et généralisée. L’ÉÉ agit, au jour le jour, au sein de la fédération pour y porter son orientation : si la FSU sort renforcée à l’issue des élections, ce sera un atout pour poursuivre avec la volonté d’engager résolument l’outil fédéral au service de la transformation sociale.

Véronique Ponvert – Denis Thomas


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