Macron, ton porte-avions n’est pas insubmersible !

mercredi 28 novembre 2018  |  par  École Émancipée  | 

Le 14 novembre, depuis le porte-avions Charles-de-Gaulle (ça pose son homme), l’amiral Macron (grand admirateur de Pétain) poursuivait sa guerre préventive : « je dis juste aux Français, on est en train de vous mentir et de vous manipuler ». Macron est, encore et toujours, en embuscade pour apparaître en « progressiste », comme LE rempart contre l’axe du mal des « populismes ». Un coup-double de bonimenteur lui permettant de masquer le conservatisme de sa politique, tout en cherchant à ringardiser ses adversaires politiques en particulier à gauche (il a besoin de l’extrême-droite).

Macron n’a aucune raison de changer son fusil d’épaule : malgré les dommages collatéraux (remaniement difficile, dissensions et guerre de succession à LREM, chômage en hausse, impopularité grandissante), cette stratégie a fonctionné jusqu’ici. Le mouvement social d’ampleur qui serait nécessaire est un horizon encore lointain, car les difficultés à mobiliser sont réelles. Il faut dire que la «  sécurisation » systématique des « poches de résistance » par le recours aux « forces de l’ordre » (la police et Benalla contre les manifestant-es, les plaintes en diffamation contre les femmes dénonçant des agressions sexuelles et sexistes, ou contre les journalistes pour leurs enquêtes, etc.) est une arme de dissuasion efficace.

Macron et son escouade ont le champ quasiment libre (la division syndicale étant un facteur aggravant) et mitraillent droits sociaux et solidarités. Après les mesures fiscales en faveur des entreprises, la casse du Code du travail et la sélection à l’entrée à l’Université, le gouvernement s’attaque à l’assurance-chômage, aux retraites, à la Fonction publique et à l’Éducation.

Le colonel Blanquer et la capitaine de vaisseaux Vidal bétonnent les réformes exigées par les politiques internationales néolibérales, très intéressées par la qualification de la main d’œuvre, et donc par le système éducatif : baisse des emplois, mise en concurrence généralisée par les comparaisons des « performances » des élèves, des enseignant-es et des établissements et développement de la logique des compétences, y compris dans la formation des enseignant-es pour mieux les tenir sous contrôle.

C’est la fameuse « priorité à l’éducation » ! #pasdevague ? Si les niveaux de mobilisation ont été très variables, le 12 novembre a montré une certaine capacité d’impulsion de la FSU.

Construisons la suite, les coalitions, pour faire converger toutes les forces d’opposition à Macron et à ses politiques libérales. Le renforcement de la Fédération aux élections professionnelles est un élément de cette construction. Attaquons sur tous les fronts (assurance chômage, écologie, éducation, femmes, LGBT, migrant-es, retraites, services publics, etc.) sans exclure aucune modalité d’action. La montée en France et dans le monde de l’extrême-droite rend le travail de convergence d’autant plus urgent que les luttes victorieuses sont souvent de longue haleine. ●

MARIE HAYE, LE 15 NOVEMBRE 2018.


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