Au jour le jour...

samedi 16 novembre 2013  |  par  ÉÉ Revue  | 

Au jour le jour, des centaines de cadavres échouent aux marges de l’Europe qui se veut forteresse.
Des Roms sont pourchassés, de jeunes scolarisés expulsés, des sans papiers livrés aux rues de nos villes…
La pauvreté se répand en France.
La ministre de la justice est la cible de propos racistes et sexistes d’une violence inouïe…
Les opposants au mariage pour tous agissent toujours.
343 « salauds » revendiquent un droit à la violence envers les femmes.
Les idées d’extrême-droite se diffusent dans l’ensemble de la société…
C’est toujours la mise au pas des sociétés et de la nature au profit des multinationales et des grands lobbys industriels et financiers qui est à l’ordre du jour des grands raouts internationaux.
C’est toujours, en tout déni démocratique, les mêmes atteintes à la souveraineté des peuples avec en ligne de mire les droits humains, sociaux, alimentaires, écologiques….
C’est toujours une certaine Françafrique qui commande l’enlisement au Mali et lorgne vers la Centrafique.
En 16 mois, depuis son élection, Hollande poursuit une politique claire et assumée toujours plus libérale, toujours plus injuste… Au jour le jour…

La France « sort de la crise » (ah, oui !) mais la dépense publique et le coût du travail plomberaient la reprise ! Haro donc sur la bête, et le gouvernement fait bien sa partie du boulot
« Et, pour la première fois depuis 1958, nous allons présenter en 2014 un budget en diminution » dit Jean-Marc Ayrault. Pourtant, il n’y a pas là matière à se réjouir d’un budget résolument inscrit dans le corsetage européen du TSCG ratifié par la France. Dans les pas de Sarkozy Fillon, la boussole est la même : l’austérité. 80% de « l’effort » fixé à 18 milliards pèsera sur une réduction de la dépense publique.
Donc, en 2014, moins d’emploi public (- 2144 postes de fonctionnaires), coupes dans l’assurance maladie, poursuite du gel du salaire des fonctionnaires (la revalo cosmétique des catégories C ne fait pas illusion)… énième réforme des retraites qui entérine et aggrave tous les reculs antérieurs…
Le patronat n’est pas en reste : trop de « charges » sur les salaires, trop de « rigidité » dans le code du travail, sus à l’écotaxe, les patrons dans la rue ! Donnez-nous de la souplesse et vous verrez….
Donc : cadeaux fiscaux pour amadouer le Medef (Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi), transferts de charges sur les ménages, montée en puissance de l’ANI, casse de l’Inspection du travail, reculades diverses et variées : pas touche au capital, au business, à la fraude fiscale, aux super profits, au travail du dimanche… La grande réforme annoncée de justice fiscale : à la trappe !

Et on voit, le dumping social devient la règle dans les entreprises de main d’œuvre ; la précarité, la norme et l’insécurité sociale fait système. Chaque jour amène sa charrette de licenciements. En ce moment, pour les suppressions d’emplois, se partagent le triste record de faire la une des journaux : les Fagor Brandt (1870 salarié-es), Nexans (206), Alcatel Lucent (900) , La Redoute (700), France Télévision (361), la Banque Populaire (700)… L’explosion du chômage, celui des jeunes notamment, est insupportable.
Des régions entières sont menées dans le mur comme la Bretagne avec une crise comme avant la Lorraine, qui n’en finit pas d’agoniser…
Et puis, il y a la foultitude de PMI/PME qui ne sont pas dans le « bruit médiatique » mais qui mettent la clé sous la porte (9 entreprises en difficultés sur 10 ont moins de 10 salarié-es).
Il est urgent d’interdire tous ces licenciements et d’impulser une vraie reconversion écologique.

Des résistances tentent de se frayer un chemin. Dans les boîtes en lutte, parfois depuis plusieurs années (Goodyear et ses 1173 salariés), dans la Fonction publique (dans les services sociaux, dans l’éducation avec les grèves des 13 et 14 novembre). Le mouvement syndical doit rassembler et organiser la solidarité de classe, passer à l’offensive.
Construire, au jour le jour, une nécessaire grève générale contre l’austérité, tous ensemble !

Denis Thomas


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