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Ecole Emancipée

02/10/2018

Evaluations...: mise sous tutelle des enseignants pour une école du tri social

En France, la guerre menée par les plus riches depuis l’élection d’E. Macron est maintenant totale. Ce président des riches agit contre la population et fait des choix qui exacerbent les inégalités, tant en diminuant la participation des plus riches aux solidarités, qu'en réduisant la sphère des services publics et en diminuant les salaires, les pensions et intensifiant le travail.

Dans ce contexte l’École n’est évidemment pas épargnée. Au contraire, même, puisqu’elle subit une attaque tant sur la question des moyens que sur celle de l'ambition politique qui lui est assignée. Jean-Michel Blanquer s'entête à bégayer les politiques menées depuis près de 20 ans qui ont conduit à l'augmentation des inégalités scolaires, du poids des déterminismes sociaux dans ces inégalités et à la dégradation des conditions de travail des enseignant-es.

Avec l'instauration d'évaluations nationales standardisées en CP, CE1, 6ème et 2nde, Blanquer entend restreindre comme jamais l’agir enseignant, et réorienter les pratiques professionnelles vers des pratiques qui participent de l'augmentation des inégalités scolaires. De plus ces évaluations sont le premier pas vers la mise en concurrence des établissements, la mise en concurrence des agents avec le salaire dit au mérite. Ces indicateurs néolibéraux nécessitent d’être analysés et déconstruits afin qu’ils apparaissent pour ce qu’ils sont. Des outils non pas pour mettre en valeur les réussites, mais pour assujettir élèves et enseignant.es.

Pour ce faire, pour identifier le risque que court le système éducatif avec ces évaluations nationales voulues par Blanquer, nous avons rassemblé dans ce premier numéro de la lettre de l’École Émancipée des articles récents ou plus anciens, des contributions et des analyses, qui sont autant d’outils qui, nous l’espérons permettront d’organiser la résistance.

l'école émancipée

Premier degré : la culture de l’évaluation, on y est…

Quand Jean-Michel Blanquer évoque le caractère inégalitaire de notre système scolaire pour justifier ses réformes, il y a une véritable mystification dont on a déjà fait collectivement l’analyse. Ce qu’entend faire Blanquer, c’est exacerber les politiques éducatives qui ont fait de notre système scolaire un des plus inégalitaires des pays de l’OCDE, et ce de façon cohérente, à chaque échelon du système éducatif. Son projet est bien d’assumer pleinement le caractère ségrégatif de l’école et d’avancer dans cette voie. Pour le réaliser, il faut organiser très vite la différenciation des parcours, en restreignant l’ambition de l’école à l’apprentissage des fondamentaux, en individualisant les parcours et les apprentissages, en isolant chaque élève dans un devenir scolaire socialement déterminé. Et en restreignant la possibilité pour les enseignant-es de résister à cette machine de guerre qu’est la libéralisation du système scolaire. C’est le sens des premières mesures qui concernent le premier degré, où le système d’évaluation qu’il entend imposer a une fonction centrale. [...]

S’opposer à l’école de Blanquer et donc aux évaluations nationales

L’année qui s’annonce sera celle de la mise en œuvre tous azimuts des politiques Macron et consorts. Si syndicalement nous nous devons d’initier la riposte, l’un des enjeux sera pour nous d’articuler au mieux les différentes bagarres que nous aurons à mener. Le gouvernement le sait bien lui qui a fait le choix de matraquer ses réformes pour rendre la riposte compliquée et la faire apparaître comme inutile et dérisoire. La perspective de la réforme des retraites, réforme encore plus emblématique de l’individualisation des droits que celle du code du travail, pourrait, priorité oblige, nous faire douter de la pertinence d’une action éduc d’envergure. Pourtant dès la rentrée les mesures pleuvent : du fiasco de parcoursup aux suppressions de postes annoncées en passant par les évaluations nationales CP et CE1, c’est l’école de la maternelle à l’université qui est malmenée.[...]

Evaluations nationales - de la mise sous tutelle de l’agir enseignant au renforcement des inégalités scolaires

Il y a, avec la mise en place par Jean-Michel Blanquer d’évaluations nationales standardisées en CP, CE1, mais aussi en 6ème et en 2nde, un double-enjeu, un double-affrontement. Et donc, selon qui sortira vainqueur de ce conflit, deux niveaux de conséquences pour l’avenir de notre système éducatif. Le premier enjeu donc, réside dans l’identification de qui sera légitime pour définir ce que sera l’agir enseignant. Jean-Michel Blanquer prétend à cela.[...]

Réévaluer l’évaluation

[...] Nous avons donc fait le choix de tenir un stage École Émancipée le 22 janvier 2015 sur la question de l’évaluation en nous assignant un triple objectif : construire du commun, c’est-à-dire aller chercher les nœuds professionnels pour les dépasser. À partir de là, travailler les voies de l’émancipation sur cette question. Ou comment convoquer l’utopie pour penser le réel. Et enfin, construire une réponse syndicale aux enjeux actuels (évaluation du socle, DNB, préconisations du CSP et de la Conférence nationale sur l’évaluation…). Nous n’avons pas réglé tous ces débats. Mais peut-être des pas ont-ils été faits. Évaluations des élèves : débrouiller des débats Pour commencer, nos pratiques d’évaluations conditionnent nos pratiques pédagogiques. Elles sont donc largement utilisées par l’institution comme outil de pilotage, de formatage. [...]